Retour sur la vulnérabilité Serialization de Java

Nous allons ici essayé de faire un retour sur cette vulnérabilité qui n’a pas fait surement assez de bruit. Elle a donné quand meme donné lui à un CVE de la part d’Oracle (CVE-2015-4852). Quand on connait Oracle et la sécurité, on peut se dire que cela doit être grave 🙂

Avant d’aborder la vulnérabilité en détail, il est nécessaire de se mettre bien au clair sur certains éléments.

Qu’est-ce que la sérialisation d’objet en Java ?

C’est un mécanisme introduit quasiment au début de Java (JDK 1.1) permettant d’écrire des données présentes en mémoire (un objet par exemple) dans un format de données binaires permettant alors de rendre persistants l’élément via un stockage disque, une transmission réseau ou autre.  Java, fourni un certain nombre d’outils permettant de sérialiser/désérialiser de manière transparente et indépendant du système :

  • L’interface Serializable; cette interface permet d’identifier les classes sérialisable. Il est nécessaire que votre classe implémenter cette interface ou hérite d’une classe sérialisable.
  • La classe ObjectOutputStream ; permet de sérialiser un objet. Elle dispose de la méthode writeObject() permettant d’effectuer cela.
  • La classe ObjectInputStream ; permet de désérialiser un objet. Elle dispose de la méthode readObject() pour cela.
  • Le mot clef transient permettant d’éviter de sérialisé un élément.
  • L’interface Externalizable permettant de gérer différemment  les  sérialisation et désérialisations.

Pour pouvoir correctement sérialiser un objet, il est nécessaire qu’il dispose de plusieurs éléments

  1. l’implémentation de l’interface Serializable
  2. Un numéro de série ;  le serialVersionUID qui permet lors d’une désérialisation que les classes sont concordantes. Il s’agit d’un static long final qui n’est pas obligatoire, java en calculant alors un automatiquement, mais il est recommandé de l’affecter soi-même (exemple : private static long serialVersionUID  = 42424242L)
Exemple :
public class User  implements Serializable {

private static final long serialVersionUID = 424242424242L;
private String nom, prenom ;
private String login;
transient String password;

public User(String nom, String prenom, String login, String password) {
this.nom = nom ;
this.prenom = prenom ;
this.login = login;
this.password = password;
}
}


 

public class Main  {
    static public void Main (String ...args) throws ClassNotFoundException  {
        File fichier = new File("tmp/test.ser");
        try {

ObjectOutputStream oos = new ObjectOutputStream(new FileOutputStream(fichier));
//Sérialisation
User oout = new User(« Ford », « Escord », « fescord », « fortytwo »);
oos.writeObject(oout);
oos.close();

ObjectInputStream ois = new ObjectInputStream(new FileInputStream(fichier));
// désérialization de l’objet
User oin = (User) ois.readObject();
System.out.println(oin);
ois.close();
} catch (IOException ioException) {
System.err.println(« IOException »);
}
}
}

 
Ici nous avons donc une classe qui va permettre d’écrire dans le fichier test.ser les données d’un utilisateur en dehors du champ password.
Si vous souhaitez effectuer une sérialisation différente de ce que propose Java, il faut donc implémenter l’interface Externalizable.  ou tout simplement  surcharger les méthodes writeObject() et readObject(). Cela permet alors de créer un fichier avec la représentation que vous souhaitez par exemple. 

La Sérialisation permet donc de :

  • Sauvegarder des objets/éléments Java
  • Echanger des objets entre JVM  (par des Streams…dont des NetworkStream)
  • Créer une copie intégrale d’un objet
  • Rentre persistents des objets dans des fichiers…

Revenons maintenant à notre vulnérabilité, maintenant que globalement nous pouvons comprendre à quoi sert la Serialisation en Java.

C’est quoi cette vulnérabilité de Sérialisation Java?

En Janvier 2015 a la conférence AppSec Californie Chris Frohoff et Gabriel Lawrence  présentent leur travaux et des outils autour d’une exploitation des mécanismes de serialisation et leurs utiliisation de manière malveillante.

Il faut attendre le 6 Novembre 2015 pour que Stephen Breen , via un article de Blog , informe qu’un certain nombre de bibliothèques Java sont chargées par défaut par les serveurs Applicatifs (WebSphere, Jboss, WebLogic, ….) et que parmi ces bibliothèques, une importante Apache Commons est vulnérable a des attaques par désérialisation. Je cite :

NewImage

Ce qu’il faut comprendre c’est que cette librairie est l’une des plus utilisées. En particulier quasiment tous les serveurs applicatifs la charge au démarrage. C’est une bilbiothèque très pratique car comportant énormément de classes intéressante (les commons.io, commons.lang, commons.log pour ne citer que les plus connues ).

Les travaux de Chris Frohoff et Gabriel Lawrence ayant montré comment il est simple d’executer une commande système depuis le CLASSPATH, il est alors simple de voir le potentiel impact de la vulnérabilité présente dans les Apache commons. En effet, si le serveur applicatif utilise cette derniere, et donc la charge au démarrage,il est potentiellement possible d’injecter une commande système via par exemple la classe Runtime.

Stephen Breen a démontré que via cette vulnérabilité certains serveurs pouvaient exécuter du code via différents protocoles (T3 ppour WebLogic, JMX pour JBOSS) .

Comment m’en protéger si je suis utilisateur d’un serveur Java?

C’est bien la chose la plus importante a avoir en tete. Il faut deja se souvenir de plusieurs choses si vous utilisez ces serveurs et bibliothèques (mais rien ne dis que d’autres bibliothèques Java standard ne seraient pas touchées….)

  1. Filtrez les ports pour ne laisser que les protocoles nécessaires, il est rare d’avoir besoin depuis Internet de laisser entrer du JMX, T3, …
  2. Gardez a jour vos applications ; suivre les listes des éditeurs et mettre les patchs correctement. La Fondation Apache a réagi très vite
  3. Gardez a jour vos bibliothèques (par exemple utilisez l’outil OWASP-DepencyCheck pour avoir une vue sur ces dernières)

Et si je développe du code ?

Dans le cas du développement de code, il existe une bonne pratique pour vos différentes classes a ajouter comme template de votre éditeur pour éviter des problèmes liés à la sérialisation. Il suffit de surcharger les méthodes writeObject() et readObject() et de leur faire remonter une exception dans le corps du code. Exemple  :

    private void writeObject(ObjectOutputStream out)  throws IOException
    {
        throw new NotSerializableException();
    }

private Object readObject(ObjectInputStream in) throws IOException,
ClassNotFoundException
{
throw new NotSerializableException();

}

et puis à suivre les bonnes pratiques de SecureCoding Java et de la cheat Sheet OWASP

La sécurité Web, vue via les entêtes du navigateur – Episode 2 – L’entete X-Content-Type-Options

Suite des épisodes sur les entêtes intéressantes à rajouter à vos applications, Web. Aujourd’hui nous allons parler de X-Content-Type-Options

Toute page envoyée depuis un serveur vers un client Web, doit convertir ses données dans le bon type MIME. Ce type MIME est normalement associé à une entête technique nommée content-type décrivant le type de données renvoyées (image, script, …).

Dans Internet Explorer et aussi dans Chrome , il existe une fonctionnalité permettant d’effectuer du « changement  de type MIME à la volée ». Cette fonctionnalité permet au navigateur d’effectuer un changement de type, en fonction du contenu, sans pour autant s’en tenir à ce que renvoie le serveur dans l’entête « content-type ».  Cette fonctionnalité semble avoir été ajoutée pour des raisons très obscures du a des « serveurs renvoyant des types de contenu text/plain contenant du HTML… ».

Cette fonctionnalité, bien que très pratique pour le rendu visuel, peut dans certains cas conduire à des problématiques de sécurité.

Si je dispose d’un élément HTML de ce type

http://«.

et si le contenu du fichiermonimage.js n’est pas du code JavaScript, alors dans le cas ou l’entête est positionnée à  la valeur suivante : X-Content-Type-Options: nosniff, le navigateur n’effectuera pas une tentative de changement d’interprétation du contenu et ne chargera pas le moteur d’interprétation JavaScript. Il passera à l’élément HTML suivant.

Contrôle de la mise en place de l’entête

  • Dans le cas ou vous  utilisez un outil tel que OWASP Zap vous aurez une remontée de l’oubli de cet entête lors de vos analyses

Implémentation de l’entête :

Plusieurs solutions sont possibles.

Vous disposez du module mod_headers d’apache, il suffit d’ajouter les lignes suivantes :

<IfModule mod_headers.c> 
Header set X-Content-Type-Options nosniff 
</IfModule>

Vous n’avez pas ce module, ou vous souhaitez le « coder » : En java :

response.addHeader("X-Content-Type-Options", "nosniff");

En PHP :

<?php header(‘X-Content-Type-Options : nosniff’); ?>

En C#

HttpResponse.AddHeader(« X-Content-Type-Options », « nosniff »);

 

 

La sécurité Web, vue via les entêtes du navigateur – Episode 1 – Le Content-Security Policy

Pour lutter contre l’insécurité du Web il est répété régulièrement de ne pas faire confiance au contenu venant des navigateurs. Mais il n’est jamais dit que le navigateur ne peut être d’une certaine utilité dans cette lutte.

Dans cette lutte implacable, Madame Michu dispose d’un navigateur qu’elle a téléchargée sur Internet, ou qui lui a été livré avec son ordinateur PC ou Mac (il est loin le temps des Kit FAI avec le navigateur moisi fourni).

Récemment(tout est relatif, car cela bouge pas mal)  un certain nombre de fonctionnalités sont apparues (sous forme de draft/RFC IETF ) permettant d’améliorer la sécurité globale dans un monde Web.

Voici donc quelques une de ces fonctionnalités que vous allez pouvoir utiliser pour « aider » le navigateur et la sécurité de votre application Web :

Ce billet parle du Content Security Policy. Pas que les autres ne sont pas intéressants, mais nous les traiterons par ailleurs chacun.

Donc le CSP, avant de l’utiliser il est bon de savoir si il est possible de l’utiliser dans son navigateur. Pour cela vous pouvez vous retourner vers le superbe site anglais CanIUse.com qui vous indiquera si votre navigateur est compatible ou pas avec la directive.

Content Security Policy 

Il existe plusieurs versions (en fait 2) du CSP, la v2.0 étant très peu supportée actuellement

Actuellement les navigateurs ont tous un niveau de support plutôt différent (IE est encore une fois a la traine), comme on peut le voir sur le graphique suivant pour la V1.0:

NewImage

Le principe du CSP est de donner  le contrôle sur le contenu dit « sur ». En effet aujourd’hui il existe peu de sites Web qui contiennent tout le code à exécuter et les exécutions de JavaScript ne sont la plupart du temps uniquement possible que via le site d’ou provient le .JS. Cela peut poser des problèmes via AJAX car il est possible d’avoir besoin de contenu se trouvant sur un autre site Web. Dans ce cas il est nécessaire de pouvoir limiter le téléchargement, voir l’exécution du code en fonction de ce que souhaite le développeur. Cela permettra de limiter les attaques de type XSS, et autres joyeusetés que nous pourrions avoir dans le site Web.

Le site http://content-security-policy.com résume bien tout ce qu’il est possible d’utiliser.

D’un point de vue très simple nous pourrions dire qu’il y en a 3 d’importants :

  • default-src : tous les contenus peuvent venir de cette zone
  • script-src : les Javascripts ne peuvent venir que de cette zone
  • img-src : Les images elles sont ici.

Il suffit alors de spécifier la ligne suivante pour donner une politique de contenu au navigateur

Content-Security-Policy: default-src 'self'; img-src img.example.com; script-src api.example.com

Dans ce cas, cela veut donc dire :

  • Les images ne sont possibles que depuis img.example.com
  • Les scripts depuis api.example.com

OWASP Top10 2017 -RC1

Bonjour,

comme certains ont déja pu le voir, l’OWASP Top10 2017 est en release Candidate 1 .  Comme son nom l’indique, c’est une version préliminaire (enfin très proche de la version finale), a des fins de commentaires.  Pour cela, il ne faut pas hésiter à remonter (en anglais ou via un de vos leaders OWASP) ce qui vous interloque sur cette nouvelle version.

Alors que dire sur cette nouvelle version :

  1. Oui il y aura une traduction francaise. C’est une obligation vu la diffusion auprès des développeurs de ce document important
  2. Il n’y a pas de « gros changements »
  3. Mais il va falloir quand meme mettre a jour les reporting et autres outils de vos chaines 😉
  4. Que  comme indiqué a la page 22, il n’y a pas que ces éléments a prendre en compte mais aussi les éléments suivants  :

 

Si on le regarde un peu dans le détail ;

  1. on voit bien que les plaies sont toujours présentes :
    • Injections ; de tout type et pas juste le SQL….
    • XSS ; toujours en bonne position, même si personnellement je le remonterai bien en A2 voir en A1.
  2. Par contre certains points ne me paraissent pas justifiés encore une fois,;  A8 vu le nombre de serveurs actuellement incluant le mécanisme de protection, je trouve cela un peu bizarre (mais je n’ai pas regarder les statistiques qui concourent à la création de ce Top10)
  3. le A10 de 2010 (redirect et forwards) est ENFIN supprimé….il était temps vu la polémique qu’il avait entrainé…. Son remplaçant me parait quand meme sous évalué, vu le nombre d’API que nous rencontrons dorénavant.
  4. le A4 2017 me parait quant a lui justifié.

 

Je vous souhaite une bonne lecture, et n’hésitez pas à commenter (cela sera modérer bien sur :)) et a bientot pour de nouvelles explications (en particulier sur les différents éléments et vulnérabilités associées.